Bigre, Mélo Burlesque
Attachants au possible, risibles et irrésistibles, ces trois anti-héros nous hallucinent autant qu’ils nous font pleurer… de rire.
Synopsis
Créée en 2014, la pièce Bigre de Pierre Guillois, lauréate du Molière de la comédie 2017 fait son grand retour pour une série parisienne au Théâtre de l’Atelier.
Il était une fois, aujourd’hui, trois petites chambres de bonnes haut perchées sous les toits qui dominent Paris.
Un gros homme, un grand maigre et une blonde pulpeuse sont voisins de couloir.
L’histoire serait joliment romantique si ces trois hurluberlus n’avaient
comme particularité de tout rater. Absolument tout.
Les catastrophes s’enchaînent, les gags pleuvent, tandis que ces trois fantoches
s’accrochent à tout ce qui ressemble à l’amour, à la vie ou à l’espoir. Grâce à une machinerie digne du grand guignol, les objets volent, les corps valdinguent et tout l’étage est chahuté par divers incendies, fuites, tempêtes et autres sinistres délirants qui finissent en un chaos étourdissant.
L'avis de la rédaction
Ménage à trois !
Molière de la comédie en 2017 (Mon Dieu comme le temps passe !), ce spectacle typiquement atypique du célèbre tandem Guillois / Martin - Salvan....Si ! Vous savez ! Les deux zigotos à qui l'on doit l'inénarrable "Les gros patinent bien" !
Bref, les revoilà qui reviennent avec leur complice Agathe L'Huillier, qui pour ce qui est du déjanté n'a rien à leur envier.
Toujours sans paroles, mais avec un tel langage corporel, un tel sens du mime, point besoin de mots, il suffit d'ouvrir ses mirettes bien grandes, quant aux oreilles, rassurez vous, un pet ou deux de temps en temps vient troubler le silence, quand la perceuse ou le karaoké se taisent.
Oui on ne va pas se mentir, c'est pas mal pipi caca quand même.
Quand on sait que ce sont de vieilles toilettes qui sont en avant scène....
Mais au-delà de la farce, qui fait vraiment bidonner la salle, l'ensemble est très touchant, plein d'humanité et de sincérité, et c'est pour ça que ça fonctionne aussi bien.
Pendant presque 1H30, les trois compères, dans leurs microscopiques chambres de bonnes sous les toits, s'emparent du quotidien, l'étirent, le tordent pour en sortir des situations - hilarantes pour la plupart - dans lesquelles on croisera un poisson rouge, euh, non, enfin, bleu, un lapin, un hamac, bref vous l'aurez compris, c'est pas encore cette fois qu'on aura du raisonnable.
Un cocktail rare d'humour, de poésie et de folie douce, héritier d'un certain cinéma muet qu'on croyait disparu, mais ouf ! Grâce à ces trois hurluberlus, il n'en est rien.
Courez-y, sauf si vous n'aimez que les Alexandrins .....Et encore !
Sylvie Tuffier