Cochons d'Inde
Une Nomination pour la très convoitée statuette de la Meilleure Comédie. Sébastien Thiéry a encore frappé !
Et ce n'est pas le public qui dira le contraire.
Synopsis
La drôlerie d’une situation irréaliste imaginée par Sébastien Thiéry !
Alain Kraft, un bourgeois d’origine modeste, vient effectuer un retrait d’espèces à sa banque.
Mais la nouvelle direction indienne de l’établissement lui a bloqué son compte et refuse de le laisser partir, l’accusant d’avoir enfreint la loi en s’étant enrichi et en ayant "changé de caste"...
L'avis de la rédaction
Appelez moi le directeur !
Sébastien Théry a eu au cours de sa carrière pas mal de nominations aux Molières.
Et une précieuse statuette en 2009, pour Cochons d'Inde justement.
C'est qu'il possède ce don assez rare de nous plonger dans l'absurde, en partant d'une situation bien réelle. Et de pousser jusqu'au bout la caricature de notre monde.
Nous sommes ici dans une banque, endroit rêvé pour imaginer des situations aberrantes et des tracasseries administratives qui se mordent la queue.
Et même si le texte accuse par moments quelques faiblesses, l'intrigue est réjouissante.
Alain Kraft, un homme riche, client depuis toujours du CIF, veut retirer de l'argent, se fait avaler sa carte au distributeur et rentre dans l'agence pour régler rapidement le problème.
Malheureusement, le CIF vient d'être racheté par une banque indienne, et ce sont désormais les règles de ce pays lointain qui s'appliquent.
Sans rien dévoiler, nous dirons simplement que le pauvre homme n'est pas au bout de ses peines !
Sur la scène du théâtre des Nouveautés, dans le décor très réussi, glacial à souhait, de cette agence, Arnaud Ducret fait une entrée remarquée, précédé de Frédérique Cantrel dont la très petite taille, en contraste avec celle imposante de l'humoriste, déclenche dès les premières secondes, une salve de rires dans la salle.
Le ton est donné, la farce est lancée, et ce ne sont pas Maxime d'Aboville et Emmanuelle Rougerol qui nous diront le contraire.
Le premier, comédien exceptionnel multi récompensé, campe un subalterne étrange dont la logique nous échappe.
La seconde est hilarante en employée coincée et butée, enfin jusqu'au moment où.....
Ces deux là incarnent à merveille les rigidités de la bureaucratie.
Julien Boisselier, jouant beaucoup sur les différences de taille et sur le caractère des protagonistes, compose des tableaux improbables et hilarants, tirant le meilleur parti de l'intrigue.
Arnaud Ducret, le pauvre client de l'histoire, est très drôle avec son caractère explosif face à la rigidité et au flegme des deux autres.
Nous nous retrouvons à penser, entre deux rires " Et si c'était moi ? "
Quant à la chute, j'ai ouï dire qu'elle avait changé !
Elle est en tout cas surprenante et diablement efficace.
Sylvie Tuffier