Qu'est ce que le temps ?
D'après Les Confessions de Saint Augustin, une heure de temps suspendu !
Synopsis
Dans le Livre XI des Confessions - un classique de la pensée philosophique - saint Augustin pose une question à la fois simple et vertigineuse : Qu'est-ce que le temps ? Puis il ajoute : « Si personne ne me le demande, je sais. Si on me le demande et que je veux l'expliquer, je ne sais plus. »
Par son incarnation virevoltante, alliant humour et profondeur, Stanislas Roquette met en corps la pensée du philosophe, avec la vivacité d’un grand horloger.
Une heure de temps suspendu !
L'avis de la rédaction
On entre dans ce spectacle avec la certitude que notre esprit va être secoué.
Très vite, on se rend compte qu’on assiste à une exploration rude du temps, des silences et du verbe.
On ressort de l’expérience théâtrale touchés, convaincus que ce que nous croyions abstrait ne l'est pas tant que ça.
Ce qui surprend en premier lieu, c’est l’audace du texte. Transposer la pensée de saint Augustin sur le temps dans un format scénique exigeant, dans un format court, sans concession, est un défi audacieux. Faire du philosophe un personnage de chair et de souffle étonne.
Stanislas Roquette incarne ce paradoxe avec une détermination rare. Il ne récite pas, il vit chaque mot, chaque hésitation, chaque élan ou recul dans un continuum qui ne laisse aucun lieu de refuge.
Il arpente le plateau, s’arrête, s’adresse au vide, interpelle le public, hésite, se reprend, saute, bondit...
Tout cela dans une gestuelle qui devient métaphore du temps lui-même.
La mise en scène de Denis Guénoun l’entoure juste ce qu’il faut. Le texte, extraits du livre 11 des Confessions est dense, ardu, riche en paradoxes. Le présent qui n’existe pas, le souvenir du passé, l’attente du futur, tout cela devient vivant quand l’acteur lui insuffle cette urgence, cette douleur, cette curiosité et cette absurdité.
Grâce à lui, l’abstraction devient accessible, le difficile devient vibrant, l’essai philosophique devient confrontation.
Rire, trouble, inquiétude, tout est réuni pour phosphorer. C’est un théâtre qui pousse vers le haut, qui bouscule le confort, qui fait respirer la pensée dans la chair.
Ce spectacle impressionne par sa capacité à transformer une méditation philosophique en drame vivant. L’incarnation de Stanislas Roquette est magistrale et profondément humaine.
Prisca C.