Les travailleurs de la mer
Le roman phare de Victor Hugo qui raconte le combat d’un homme avec deux forces supérieures : la mer et l’amour.
Synopsis
Gilliatt, pêcheur rustre autant que sensible, est amoureux de Déruchette, nièce du propriétaire d’un bateau échoué au large de Guernesey.
Afin d’obtenir sa main, il brave les éléments au péril de sa vie, pour tenter de sauver le navire.
Sera-t-il victorieux des flots ? Et le sera-t-il du cœur de la jeune fille ?
Elya Birman prend ce récit légendaire à bras le corps pour nous en livrer toute la puissance hugolienne.
Un grand soulèvement de l’âme !
L'avis de la rédaction
« Ils disaient personne n’ira, c’est impossible… Alors, j'y suis allé. »
Adapter ce roman de 700 pages de Victor Hugo pour la scène est un sacré défi auquel s’est attaquée la compagnie Livsnerven.
Après plusieurs étapes (Grandes écuries de Versailles, comédie de Picardie, Avignon, Lucernaire) où le spectacle a rencontré un franc succès, le bateau jette l’ancre au théâtre de Poche Montparnasse qui se fait un plaisir d’héberger cette création ambitieuse.
Les Travailleurs de la mer est l’histoire d’une solitude sur la petite île de Guernesey plantée dans la Manche entre la France et l’Angleterre.
Courant 1866, Victor Hugo, alors en exil sur ce rocher balayé par les vagues, s’inspire de son environnement et des gens qui peuplent ce lieu isolé pour composer une fresque maritime épique et fouillée.
Lorsque le bateau à vapeur qui fait la liaison avec le continent s’échoue sur les rochers Douvres, Gilliatt, un homme ostracisé par la communauté, va tenter de réaliser l’impossible : récupérer la machine dans l’épave, pour obtenir le cœur et la main de la belle Déruchette.
L’intrigue est classique, mais comme à son habitude, le légendaire écrivain va s’en emparer pour en faire un combat dantesque entre l’homme et la nature, ponctué de descriptions puissantes et hantées.
L’adaptation est directe, puisant dans le vocabulaire pléthorique d’Hugo, incarné par les éléments du décor.
Des assemblages disparates d’objets figurent la silhouette d’un bateau, la neige sur le sol, la barque, les outils…
Bercés par la voix du narrateur, on sent les embruns et on entend les vagues qui jamais ne laissent tranquille ce morceau de terre perdu au milieu de la Manche.
Les sons et les lumières qui accompagnent son phrasé transportent dans l’atmosphère maritime de l’île de Guernesey, avec ses habitants et ses paysages pittoresques.
La mise en scène retranscrit avec justesse les caprices de la mer et les multiples péripéties qu’elle charrie aux pieds de Gilliatt. Des évènements de plus en plus impressionnants qui s’enchaînent et entraînent le personnage et narrateur dans une aventure pleine de souffrance et d’abnégation.
Elya Birman est un acteur débordant de ressources et un conteur de talent. Sa voix singulière s’attache à la couleur de son récit et ne nous lâche jamais. Elle est une houle hugolienne, réceptacle libre du destin de son protagoniste balloté par le sort. L’épreuve de Gilliatt devient la sienne, à devoir vivre avec lui les tourments du travail de la mer.
Il parvient à nous entraîner à ses côtés au bout de cette histoire, mot après mot.
Thomas Benatar