Aller au contenu
Affiche pour L'école des femmes

L'école des femmes
(4/5)

Coup de cœur Artistic Athévains · Classique
Du 23 février 2026 au 4 juin 2026

C'est l''histoire d'une journée dans la maison d'Arnolphe, ce tuteur qui aime et veut épouser sa pupille, mais qui, pour qu'elle reste bien à lui, l'éduque dans l'ignorance et l'isole du monde extérieur.

Synopsis

On sait que la comédie contrarie son projet et le ridiculise, mais on peut compter sur Frédérique Lazarini, qui la met en scène pour ne pas renoncer pour autant à la complexité du fait amoureux et n’en négliger, de part et d’autre, ni les abus, ni les beautés.

C’est autour d’une version « limpide, organique, vivante et visuelle, porteuse de modernité et subversive » qu’elle souhaite réunir les spectateurs, avec la certitude que, même en alexandrins, les maximes de cette « éducation sentimentale » ne sont pas toujours surannées…

L'avis de la rédaction

Épouser une sotte est pour n'être point sot !

Encore une fois, Frédérique Lazarini nous fait la brillante démonstration qu'alexandrins et modernité ne sont pas opposés !

Sur la scène de l'Artistic Athévains, la metteure en scène nous prouve que Molière était non seulement un génie, mais qu'il avait une conscience aiguë de la condition de la femme au 17e siècle.

Nous sommes en 1662.
Le célèbre auteur vient d'écrire l'une de ses pièces les plus emblématiques et audacieuses, une tragi-comédie en 5 actes d'un féminisme renversant pour l'époque, ce qui lui a d'ailleurs valu de nombreuses critiques avant de connaître un franc succès.

Un vieux macho, maladivement jaloux et terrifié d'être cocu, a enfermé au couvent une jeune fille qu'il souhaite épouser, la laissant dans l'ignorance de la vie afin de pouvoir la contrôler complètement.
La tendre pupille, cloîtrée dans une cage en verre, est surveillée en permanence au moyen de caméras.
Ne connaissant rien de la vie, elle accepte tout cela.
Jusqu'à ce que l'amour, sous les traits du bel Horace, vienne frapper à sa fenêtre .....

La scénographie de François Cabanat et Hugo Givort redouble le malaise que nous ressentons à voir cette jeune innocente séquestrée, et le discours ainsi que les projets de son tuteur n'en sont que plus terrifiants.

Les comédiens sont superbes.
Nous avons eu un vrai coup de cœur pour la jeune actrice québécoise, Sarah Montpetit, qui joue l'ingénuité d'Agnès de manière époustouflante.
La comédienne montre une sensibilité que les alexandrins ne diminuent en rien, et sans pathos ni surjeu, nous a complètement séduits.
Cédric Colas, terrible Arnolphe, parvient à nous toucher même avec son désespoir, exposant toute la faiblesse masculine de son personnage.
Quant au duo de domestiques terrorisés par leur maître, formé par Emmanuelle Galabru et Alain Cerrer - alias Georgette et Alain - il est absolument réjouissant.

Beaucoup de grands classiques sont portés à la scène et modernisés, pas toujours avec succès.

Cette adaptation, fidèle à son auteur, est brillante.
A découvrir absolument !

Sylvie Tuffier

Artistic Athévains

L'Artistic Théâtre est un lieu historique du 11ème arrondissement. Il était presque en ruines quand la Compagnie des Athévains l'a repris.
Anne-Marie Lazarini, François Cabanat et Dominique Bourde l’ont voulu proche de leur public, ouvert, habité : autour des deux salles se sont construits des lieux de vie et d’échange, le Café des Livres, la Loge, la Librairie. L’accueil est chaleureux, l’équipe disponible… il suffit de pousser la porte du théâtre pour y ressentir cette atmosphère particulière.

45 bis, rue Richard-Lenoir
75011 Paris

Photo pour Artistic Athévains