Animés par l’amour de ce texte, Les Moutons Noirs rendent hommage au chef d’œuvre d’Edmond Rostand tout en y ajoutant leur patte et leur folie.
Synopsis
Nous sommes tous Cyrano !
Cyrano aime Roxane mais il se trouve trop laid.
Christian aime Roxane mais il se trouve trop bête.
Roxane aime Christian mais elle aime aussi, sans le savoir, l’esprit de Cyrano.
Et si tous, nous portions un nez devenu monstrueux à force de ne voir que lui. Cyrano nous touche parce qu’il est profondément humain. Nous partageons ses rêves, ses aspirations, sa soif de liberté, mais aussi ses imperfections, ses complexes.
L'avis de la rédaction
Du panache et de l’audace ! Voilà ce qu’il faut pour s’attaquer au texte de Monsieur Rostand, en plus de lettres et d’esprit.
Et les Moutons Noirs en ont, assurément.
Tels les cadets de Gascogne, ils se rient des conventions et font un sort aux plus grands classiques de la littérature et du théâtre. Adaptation est leur maître-mot. Ils abordent chaque œuvre avec un nouveau regard. Leur approche de celle-ci est on ne peut plus claire, explicitée largement dès l’introduction.
Nous avons tous quelque honteuse imperfection, quelque défaut ou tare dont, à la manière de Cyrano, nous nous obsédons jusqu’à ce qu’elle nous empêche pleinement de vivre. Entre les actes et les vers, les interprètes cherchent à faire ce parallèle pour que le texte composé il y a plus de 100 ans puisse résonner aujourd’hui avec chacun d’entre nous.
La troupe y parvient plutôt bien. Avec un enthousiasme contagieux. Avec une mise en scène dynamique où chaque élément du plateau est utilisé pour figurer le décor et les nombreux accessoires que décrivent les didascalies. Avec un jeu maîtrisé qui leur permet de naviguer entre les vers de Rostand et la modernité de leur propos.
Malheureusement, n’est pas Cyrano qui veut.
Equilibrer les rimes, les émotions et le propos est un exercice délicat, surtout lorsque l’on s’attèle à un tel monument du théâtre français.
Certains moments sont ainsi très réussis, quand d’autres nous sortent de la pièce et nous rendent perplexe par le trop grand pas de côté exécuté.
On repart ainsi un peu frustré d’un spectacle certes original, mais qui à la fin de l’envoi ne parvient pas toujours à toucher.
Thomas Benatar