Monet, Renoir et Bazille
Vous connaissez l’Impressionnisme… mais connaissez-vous l’amitié qui l’a vu naître ?
Synopsis
Paris, 1862.
Trois jeunes peintres se croisent. Ils s’appellent Monet, Renoir et Bazille. Ils ont à peine 20 ans, ils ne sont pas encore célèbres. Ils cherchent un langage, une place dans un monde qui les regarde de travers. Autour d’eux : une époque en effervescence. Manet provoque, Baudelaire dérange, Zola observe, et les académies verrouillent.
En tentant de concilier sa passion pour la peinture avec les attentes de sa famille, Bazille se retrouve au cœur d’un mouvement qui ne porte pas encore le nom d’Impressionnisme. À travers son regard, Monet, Renoir & Bazille explore leurs doutes, leurs élans et leurs rêves de vivre de leur art et d’obtenir enfin la reconnaissance qu’ils attendent.
L'avis de la rédaction
Trois garçons dans le vent !
Nous sommes en 1860, les Nymphéas sont encore loin, l'abbé Mouret n'a commis aucune faute, et Monet, Renoir et Bazille ont tout juste 20 ans.
Fasciné par ces icônes de l'impressionnisme, Vincent Marc a choisi de nous raconter leurs débuts, quand tout était encore à inventer.
En peinture, mais aussi en littérature.
Ces hommes qui ont changé le monde avec leurs couleurs et leur plume.
Et qui, malgré les difficultés, le manque cruel d'argent, ont créé, innové, bataillé, envers et contre tous.
Le texte est vivant, intelligent et très bien documenté.
Nous sommes en 1860 donc, et ces trois là n'ont qu'une idée au bout de leur pinceau, se débarrasser de l'Académisme et inventer autre chose.
Cet autre chose qui n'a pas encore de nom, puisque le mot "impressionnisme" est né avec le tableau de Monet, Impression soleil levant, en 1874.
Leur rencontre dans l'atelier de Gleyre, dans lequel ils s'ennuient, scellera leur amitié.
Tout d'abord, peindre dehors, changer la lumière, créer une impression de mouvement à coups de pinceau hachurés....la libération est en marche !
Les nus, jusque là académiques, prennent chair sur les toiles de ces prodiges, créant l'effroi chez les bonnes gens.
Quelle époque !
Dans une mise en scène virevoltante, où tout se joue au plateau, Edouard Edilber et Théophile Douin font défiler les scènes, courtes et enlevées, où les comédiens changent de peau en un instant.
Le public voyage d'un espace à l'autre, ici l'atelier, là le chemin de fer, Paris et Montpellier,
et nous suivons avec enthousiasme la vie de Frédéric Bazille, incroyable artiste mort au combat à 28 ans, grand peintre oublié de cette gloire qui déferlera peu après sur ses pairs.
A travers lui, la souffrance créatrice de Monet, les réflexions de Zola, la sagesse de Renoir, l'amitié et les conflits, et surtout cette fièvre qui accompagne toute création.
Si l'interprétation accuse parfois quelques faiblesses, Edouard Edilbert nous a vraiment convaincu dans le rôle de Renoir, parfaite incarnation du peintre.
Gabriel Mireté est lui très touchant dans celui de Monet, alors jeune homme dévoré par le doute.
Et au milieu de ce monde masculin, la présence d'Emma Boddaert apporte beaucoup de fraîcheur, en particulier dans ses rôles de jeune fille.
Effervescence artistique, quête de liberté, créativité sans bornes, c'est une décennie passionnante de l'histoire de l'art qui se joue sur la scène du Studio Hébertot.
Et nous quittons la salle avec l'envie de filer au musée d'Orsay et de relire l'Oeuvre de Zola.
Sylvie Tuffier