Les paillettes de leur vie
Dans ce troisième volet de la trilogie du mâle aimé, Mickaël Délis, après le genre et la verge, explore la semence des hommes.
Synopsis
Le mystère du père.
Délire aristotélicien sur les fluides aux nouvelles modalités de filiation, c'est la figure du père au fondement de l’enflure patriarcale qui pose ici question.
Sur scène, des personnages nombreux entourent un fils qui a perdu son papa, qui donne son sperme à l’hôpital Tenon et qui ne veut surtout pas d'enfant.
Ambiance.
L'avis de la rédaction
Un homme, seul sur scène, face à son passé, à son corps, à ses doutes et à la tendresse du monde qu’il interroge.
Dans un espace épuré, entouré de papiers comme autant de souvenirs dispersés, il explore la complexité de la filiation, du don et de la transmission. Entre introspection et rires, c’est un voyage d’une humanité touchante, à la fois pudique et universel.
Dans ce troisième volet de sa trilogie autobiographique, Mickaël Délis poursuit son exploration du moi avec une sincérité désarmante.
Après avoir questionné la virilité et les amours, il s’attaque cette fois au don de sperme, sujet rare, intime, souvent tabou, qu’il traite avec autant d’humour que de profondeur.
Le texte, à la croisée du récit, du manifeste et du stand-up, interroge la notion de paternité, la générosité et le rapport au corps masculin.
La séquence sur les gonades (qui pèsent 20g), à la fois pédagogique et hilarante, restera dans les mémoires pour sa justesse et sa spontanéité.
Le comédien captive sans artifice. Son regard, sa présence, sa voix remplissent le plateau avec une force tranquille.
Sous la mise en scène délicate de Clément Le Disquay et David Délis, les confettis deviennent des symboles de mémoire et d’émotion, des fragments d’âme qui s’envolent pour raconter la vie autrement.
Ce dispositif minimaliste, poétique, fait de la scène un espace mouvant où chaque geste a du sens.
Tout respire la sincérité, la légèreté et la pudeur. On sent chez lui une volonté d’ouvrir le dialogue, sans jamais imposer. C’est un spectacle qui parle du don, mais aussi de soi, de la liberté d’aimer, de choisir, de transmettre. Et dans cette parole si intime, c’est l’universel qui jaillit et nous touche.
Un seul-en-scène éclatant de vérité, servi par un comédien lumineux.
Mickaël Délis transforme l’intime en partage et le rire en réflexion.
Un moment rare de théâtre vivant, qui prouve qu’il est encore possible d’émouvoir avec sincérité, humour et humanité.
Prisca C.