Un texte particulièrement fort et une interprétation magistrale sur fond d’une histoire bouleversante et bien réelle.
Synopsis
Bucarest, 2009. 20 ans après la chute des Ceaușescu.
Plongés dans l'intimité du salon de Niki, "Les Enfants du Diable" dévoile l'histoire d’une fratrie au passé douloureux, marquée par la dictature.
Lui a grandi dans les orphelinats "mouroirs". Sa sœur, Veronica, a été adoptée par des Français et est devenue une vedette de la chanson.
20 ans qu’ils ne se sont pas vus, comment vont se passer les retrouvailles ? Une nuit c’est court pour réparer une vie ; une nuit c’est cruel à l'égal du temps qui passe.
Une nuit pour retrouver de l’humanité à un monde qui semble souvent les avoir abandonnés.
L'avis de la rédaction
La fureur de vivre !
"D'après une histoire vraie" donne toujours une dimension particulière à une histoire.
C'est le cas de ce spectacle coup de poing qui raconte un épisode que nous connaissons mal, voire que nous avons oublié, de l'histoire pas si lointaine de la Roumanie.
Il faut dire que depuis, beaucoup de sang a coulé sous les ponts, une folie meurtrière chassant l'autre dans un cycle sans fin.
Nicolae Ceausescu, arrivé au pouvoir en 1945, est un de ces tyrans que l'humanité produit avec une régularité stupéfiante.
Clémence Baron raconte les dégâts considérables que cette dictature a causés et les vies qu'elle a détruites.
Elle nous parle de sa sœur, Mirela, et de tous les enfants abandonnés et maltraités de ces années-là, ayant subi des sévices affreux dans les centaines d'orphelinats créés à l'époque.
Poussée par le besoin de témoigner pour cette soeur qui en était incapable, et de lui dire tout son amour.
Dès le début du spectacle, le metteur en scène Patrick Zard' nous plonge dans cette période cruelle, et nous dévoile des images d'archives d'enfants décharnés et hagards, les "enfants du diable".
Les deux comédiens, Clémence Baron et Antoine Cafaro, le frère et la sœur, portent ce témoignage avec beaucoup d'intensité, alternant entre la colère et la tendresse, avec, par petites touches, des instants de légèreté très touchants.
L'une est partie à 10 ans, sauvée par un couple de français, l'autre est resté, incapable d'abandonner la petite soeur autiste.
Et même si l'on regrette quelques moments où le pathos est un peu trop poussé, ce témoignage nous traverse et nous bouleverse.
C'est un très beau message d'espoir qui nous est offert, une preuve une fois encore que la résilience est possible quand l'amour demeure.
Sylvie Tuffier