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Affiche pour La Séparation

La Séparation
(5/5)

Du 24 septembre 2025 au 31 décembre 2025

Alain Françon orchestre cette partition implacable mettant en scène deux couples en crise, brillamment incarnés par Catherine Hiegel, Léa Drucker, Pierre Louis Garrel et Alain Libolt.

Synopsis

Un huis clos, installé dans deux vastes cabinets de toilette séparés par une mince cloison, met en scène deux couples en crise. Les parents d’un côté, leur fils et sa femme de l’autre.

Avec un humour désopilant, l’auteur nous plonge au cœur d’une tragi-comédie de haute tenue.

L'unique pièce de théâtre de Claude Simon, prix Nobel de littérature.

L'avis de la rédaction

Quand la littérature s'invite au théâtre.

Quatre personnes vivent ensemble dans une grande maison à l'écart du monde.
Il y a les parents d'un côté, le fils et la belle fille de l'autre.
Séparés par une cloison, mais par bien d'autres choses encore, ils sont incapables de créer un lien ni de communiquer vraiment.

On aurait pû parler d'une histoire de famille si chacun de ses membres n'était pas si étranger aux autres, si préoccupé de lui-même, si enfermé dans ses obsessions, sa détresse, sa solitude.

L'histoire se déroule pendant l'agonie d'une cinquième personne, la sœur aînée du père, qui est en train de rendre son dernier soupir.
Distillant une effluve de mort dans la maison.

Dès la scène d'ouverture, le ton est donné.
Georges, le fils, tient un très long discours à sa femme Louise. Passant du coq à l'âne en permanence, plongé dans ses pensées, complètement absent à l'autre, Pierre-François Garel nous livre dès l'entrée un texte magnifique, exigeant, que seul un comédien chevronné peut faire vivre.
Face à lui, avec peu de répliques mais une magnifique présence, Léa Drucker distille une égalité d'humeur qui contraste intensément avec celle de son mari.

Dans l'autre cabinet de toilette, arrive la mère de Georges, Sabine, interprétée, habitée par Catherine Hiegel.
Toujours très attendue, la grande comédienne sculpte au cordeau cette partition délectable, dans laquelle elle révèle toute la noirceur, la méchanceté, mais aussi le malheur d'une vieille femme passée à côté de la vie.
Une grande performance d'actrice !
Victime des éructations verbales et gémissements de sa femme, de plus en plus avinée, Pierre - inénarrable Alain Libolt - lui oppose une placidité savoureuse.

Mis à part Louise, qui n'a aucun lien de sang avec elle, personne ne développe aucune empathie pour la mourante, Sabine refuse même d'aller la voir sur son lit de mort.

Claude Simon, dont c'est la seule pièce, nous offre un texte magnifique, d'une grande richesse et dont la qualité est formidablement mise en valeur par les comédiens.

On comprend qu'Alain Françon ait été séduit par cette langue brillante.
Le metteur en scène de 80 ans a derrière lui une longue carrière récompensée de nombreux prix, dont quatre Molières.
La Séparation est une performance à ajouter à son palmarès.
Familier de ces grandes scènes qu'il n'a pas son pareil pour faire vivre, il dirige ses comédiens de main de maître.
Certains, comme Pierre François-Garel pour la sixième fois !

Au-delà des reproches et des mensonges, on sent le malheur de vies gâchées, de choix malheureux, de mariages ratés, de rêves de fuite, d'ailleurs.

Cette séparation, c'est bien plus que cette mince cloison entre les cabinets de toilette.
C'est cette frontière entre ces membres d'une même famille qu'aucun d'eux ne peut franchir.
La seule qui le pouvait est en train de rendre son dernier souffle....

Alain Françon dans une récente interview disait " Je ne supporte plus le théâtre qui dit aux spectateurs quoi penser".

Merci à lui d'avoir sorti de l'oubli ce texte merveilleux qui nous a régalé pendant près de deux heures !

Sylvie Tuffier

Théâtre des Bouffes-Parisiens

Fondé par Jacques Offenbach, ce théâtre est historiquement lié à l'opéra-bouffe et à l'opérette. Aujourd'hui, il programme principalement des comédies musicales, des pièces de théâtre et des spectacles d'humour de grande qualité.

4, rue Monsigny
75002 Paris

Photo pour Théâtre des Bouffes-Parisiens