Une histoire élégante et gracieuse, pleine de faux semblants et manipulations, signée Marivaux.
Synopsis
Sylvia est enlevée de force pour le "bon plaisir" du Prince.
Son couple "défait" va en donner deux, créant par la même une double inconstance.
Avec deux mariages à la clef, le dénouement pourrait être heureux... mais pas sûr que les couples nouvellement formés y trouvent réellement leur compte !
L'avis de la rédaction
Quand l'amour parle il est le maître !
Ecrite en 1723 par Marivaux, la pièce, dite "d'amour", résonne joyeusement trois siècles plus tard sous les lambris de l'indémodable Théâtre du Ranelagh.
Deux monuments de la scène française qui se trouvent judicieusement réunis et fort bien servis par la mise en scène alerte de Jean Paul Tribout, dont le marivaudage avait connu un joli succès au Lucernaire l'année dernière.
Il n'y a pas à dire, cet homme là sait mener un texte par le bout du nez, en tirer le meilleur et nous le servir sur un plateau !
Avec une intrigue qui n'en finit jamais de rebondir, après l'enlèvement de la belle Silvia par son prince, les comédiens s'en donnent à coeur joie et les quiproquos et faux semblants s'enchaînent sans que le rythme ne faiblisse.
Avec beaucoup d'esprit, et fort bien vêtus, ils rallument la flamme de ce 18e siècle, si justement appelé le siècle des lumières !
Les mots sont puissants, certes, mais le jeux des corps et des regards également.
Cinquième auteur le plus joué à la Comédie française, Marivaux n'aurait pas renié cette version en pleine forme olympique, et son texte ciselé demeure une merveille à entendre.
Dans cette époque où les séries télé survitaminées font la loi, venez déguster cette parenthèse enchanteresse dans un de nos plus joli théâtre parisien !
Sylvie Tuffier