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Credit photo : Karine Letellier
Affiche pour Et pendant ce temps Sigmund fredonne

Et pendant ce temps Sigmund fredonne
(3/5)

Du 2 février 2026 au 6 mai 2026

Trinidad est Miss Freud, conteuse de l'évolution de la condition masculine.

Synopsis

Mon idée du féminisme a toujours été d’avancer ensemble, hommes et femmes main dans la main.

Mais autant quand vous mettez trois femmes sur un banc pendant une heure, elles se racontent leur vie, autant des hommes réunis sur un banc pendant une vie se racontent à peine une heure !

J’ai donc voulu, dans une tonalité humoristique et musicale, tenter de percer le silence des hommes et leurs difficultés à être homme à travers l’histoire, en entrant dans l’univers masculin en accompagnant quatre lignées d’hommes sur plusieurs générations, avec en fil rouge le personnage de Miss Freud, conteuse de cette évolution de la condition masculine et point de jonction entre les différents personnages masculins. Trinidad

L'avis de la rédaction

Après le succès de "Et pendant ce temps, Simone veille" (plus de 1800 représentations tout de même!), qui contait, sur quatre générations de femmes, la condition féminine et son évolution, l'autrice et comédienne Trinidad récidive, mais pour nous immerger cette fois dans les tréfonds de la psyché masculine.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça décape !

Prenez quatre hommes dans une maternité, attendant tous la venue d'un bébé, plus ou moins désiré. Quatre archétypes, qui, dans la vraie vie, ne se seraient jamais parlé, et qui, par la magie du théâtre, en viennent à échanger sous l’œil malicieux et toujours bienveillant de Trinidad.

Celle-ci, commentant les propos et les silences de nos hommes, est très à l'aise en « Madame Loyal » - ou plutôt en...« Miss Freud », car la psychologie est au cœur de la pièce.

L'idée est en effet de vite remonter le temps, et de comprendre, mais toujours en riant, pourquoi ces hommes se trimballent autant de silences, de non-dits, de traumas....!

C'est ainsi que nous allons faire la connaissance des pères, puis des grands-pères de ces messieurs, pour tenter de comprendre ce qui leur est arrivé.

Une traversée à l'envers du XXe siècle, de ses guerres, de sa violence et de sa virilité souvent mal placée.

Les tableaux se succèdent, entrecoupés de chansons, d'archives INA, d'extraits d'études psychologiques égrenés tambour battant.

On sent les acteurs ( Sébastien Fouillade, Clément Vieu, Patrick Mazet et le jeune Marin Langlois) complices, heureux d'être là, passant des années 60 aux années 80 en un clin d’œil par la grâce d'un costume ou d'une réplique, marqueurs d'une époque.

On regrette simplement un peu trop de jeux de mots faciles et quelques raccourcis historiques qui tendent à simplifier le propos.

Mais ne boudons pas notre plaisir !

Aidés par la mise en scène sobre et efficace de Gil Galliot, Trinidad et ses « boys » dansent, rient, nous amusent et nous font réfléchir aussi.

Espérons qu'à la sortie du spectacle, les abcès soient crevés, la parole libérée, les sexes réconciliés !

Géraldine Huchet