Un homme doit enterrer sa mère le jour où sa femme accouche.
Synopsis
Gisèle, la mère de Mathias, vient de mourir et son enterrement est prévu pour jeudi.
Sarah, la femme de Mathias est enceinte. Son accouchement est programmé jeudi.
Mathias se retrouve donc face à un choix impossible.
Pressé par son père et sa sœur de privilégier l’enterrement, Mathias participe à l’organisation de la cérémonie et à l’écriture d’un discours. Mais le ventre rond de Sarah le pousse aussi à ne plus être seulement un fils mais également un homme et un père.
Et pour couronner le tout, Gisèle, coincée entre le monde des vivants et celui des morts lui parle et lui demande de l’aide.
L'avis de la rédaction
Joyeuses funérailles !
Pauvre Mathias qui se retrouve face à un dilemme impossible : choisir la mort avec l'enterrement de sa mère ou la vie avec la naissance de sa fille, tout ça le même jour à la même heure !
Choix cruel que la vie lui impose, et que sa famille ne l'aide pas à faire, entre son père mou du genou, sa sœur qui critique tout et sa femme pour qui le choix est une évidence.
Il voudrait bien lâcher prise mais ....trop c'est trop !
D'autant que sa chère génitrice, qui refuse de partir, revient le hanter.
Elle qui l'a toujours effrayé, la voilà qui continue.
Marc Arnaud, récompensé pour "La métamorphose des cigognes" a écrit cette comédie qui derrière le rire cache une vraie profondeur.
Une famille devant le deuil, pas vraiment un sujet de comédie ? Et bien détrompez vous !
Sans pathos, ni humour mal placé, l'auteur nous propose une vraie réflexion sur la perte d'un être cher, tout en nous faisant beaucoup rire.
Et si le cercueil se transforme en table de buffet, n'y voyez qu'un effet de mise en scène astucieux parmi bien d'autres.
Il y a bien quelques faiblesses et maladresses dans le déroulement de l'histoire et la première partie est un peu inégale, avec des situations pas totalement abouties.
Mais au fil du récit, les choses se mettent en place, les rebondissements prennent du sens et nous rentrons complètement dans l'histoire.
Certaines scènes, notamment celles avec le prêtre, sont absolument réjouissives.
Les rires fusent souvent dans la salle, et quand ils se taisent, c'est l'émotion qui surgit.
Une belle distribution, Florence Muller en tête qui, impayable mère indigne est aussi drôle que touchante.
Toxique de son vivant, elle est rattrapée par les regrets et les remords à l'heure de son départ.
Eléonore Joncquez, la sœur de Mathias, nous fait vraiment rire, insupportable avec son esprit de contradiction, hilarante quand elle tente de trouver les bons côtés de la défunte.
Grégory Montel est ce pauvre Mathias qui chouine et s'énerve, sans trouver la porte de sortie, lui qui aimerait tant échapper à tout cela.
Benjamin Guillard est absolument désopilant en prêtre surbooké débordant d'enthousiasme, et chacune de ses apparitions réjouit le public.
Manon Kneusé et Edgar Givry sont savoureux, elle en future mère et lui en père veuf inconsistant.
On peut rire de tout mais pas avec tout le monde disait Pierre Desproges !
Pas si sûr !
Sylvie Tuffier