Son odeur après la pluie
Comment ne pas être touché par ce solo qui raconte la relation exceptionnelle entre un humain et son chien !
Synopsis
ON NE SE SÉPARE JAMAIS. LA VIE S'EN CHARGE.
C’est une histoire d’amour, de vie et de mort. Un amour universel, inconditionnel, qui unit deux êtres n’appartenant pas à la même espèce : un humain et son chien. Ici le héros est impalpable.
Le héros est ce lien unique, surpassant tant d’autres relations. Une vie intense, inquiète, rieuse où tout est instant, merveille, où tout respire, vibre au gré de la nature.
Un récit en mouvement, en équilibre, un récit-funambule, musical, onirique, qui traverse les émois simples d’une vie, les rencontres, les amours, les découvertes, les sens, les effrois. Peut-être simplement, une histoire de respiration. Une histoire de terre, de nuages, de pluie, une histoire de froid, de neige, d’arbres, de roches, de glace, d’oiseaux, de chemins, d’amitié, de camaraderie, de famille.
L'avis de la rédaction
On entre dans ce spectacle comme on glisse dans un rêve éveillé, l’émotion d’abord suspendue, prête à éclore.
La scène devient instantanément un lieu de confidence, où l’âme est à vif et où chaque respiration compte. On ressort bouleversé, le cœur oscillant entre le silence et les souvenirs.
Comment ne pas être touché par ce solo qui porte la relation exceptionnelle entre un humain et son chien?
Marie-Hélène Goudet, avec une sincèrité rare, incarne ce lien invisible avec une présence lumineuse et touchante. Elle y met le poids de l’absence, la douceur des instants partagés, la douleur du vide et la force de la mémoire.
Le décor, fait de troncs de bouleaux dressés, vibrants comme des sentinelles, crée une forêt intérieure où les sentiments peuvent respirer.
La lumière palpite, la musique caresse l’espace. Tout est harmonisé, organisé pour que l’émotion soit toujours juste.
L’adaptation de Véronique Boutonnet, avec la cosignature de la mise en scène de Richard Arselin, réussit à extraire l’essentiel. Le spectacle capte les cycles, les saisons de la vie commune, les promenades sous la pluie ou au soleil, les silences complices et transfigure la perte en présence par la trace, la mémoire sensorielle, l’odeur persistante, le pétrichor.
On rit quelques instants, on retient son souffle souvent, on pleure parfois. On sent que cette pièce ne s’adresse pas seulement aux amoureux des animaux mais à quiconque a déjà aimé, perdu, rappelé et espéré.
Ce spectacle est un véritable coup de coeur théâtral.
Il déploie avec justesse et beauté, l’invisible, l’ombre de l’absent et l’écho du lien. On en sort plus riche, plus tendre, plus prêt à écouter ce que les silences disent ainsi que les larmes.
Prisca C.