Si les Monty Python avaient lu le rapport du Giec ....
Synopsis
Les artistes de la Compagnie Zygomatic mettent leurs talents au service de problématiques très actuelles : dérèglement climatique, épuisement des ressources, disparition de la biodiversité.
Le résultat : un état du monde qui chatouille les limites de notre civilisation et nous entraîne au sommet des diagrammes.
Interprété avec un humour scientifiquement absurde, le spectacle aborde les sujets brûlants en défiant les lois de la gravité.
Dérèglements scéniques, chorégraphies du second degré, acrobatie et chansons, le rire est utilisé comme une arme de réflexion massive. Un mariage entre comique absurde, humour grinçant, une soupape de décompression tentant de se frayer un chemin vers des lendemains qui chantent.
L'avis de la rédaction
Un groupe d’artistes tente de transformer l’urgence climatique en matière théâtrale vive et accessible.
Leur proposition navigue entre satire, fantaisie et constat lucide sur l’état du monde. On découvre ainsi une forme hybride qui amuse autant qu’elle interroge.
Le spectacle s’ouvre sur une succession de tableaux délirants qui cherchent à illustrer l’absurdité de notre époque à travers une énergie collective débordante.
La troupe de la Compagnie Zygomatic embrasse un humour volontiers décalé, mêlant acrobaties, musique, chorégraphies ironiques et images volontairement outrancières pour parler du climat sans sombrer dans le moralisme.
On assiste ainsi à une COP 34 les pieds dans l’eau, à des débats improbables, à des situations catastrophiques rejouées comme un sketch de survie joyeusement improbable. Les artistes passent d’un personnage à l’autre avec une aisance, donnant au spectacle un dynamisme soutenu.
Le récit glisse entre farce, pastiche scientifique et cabaret engagé, révélant une créativité constante dans la manière d’aborder les enjeux climatiques.
On perçoit l’envie sincère de bousculer les consciences, mais la dispersion des idées empêche parfois l’ensemble de trouver une véritable densité.
Les images frappent, les gags s’enchaînent, les références circulent et l’on rit parfois face à cette avalanche de situations absurdes. La scénographie de Ludovic Pitorin, simple et ludique, met en valeur les interprètes qui jouent pleinement de leur polyvalence.
Les transitions sonores et lumineuses soulignent habilement les glissements de ton et renforcent le caractère fougueux de l’ensemble. Pourtant, malgré des intentions fortes et un engagement réel, on ressort davantage touché par l’énergie humaine que par un message structuré.
L’expérience demeure réjouissante, inventive et généreuse, portée par une troupe qui ne ménage ni son souffle ni son imaginaire.
On quitte la salle diverti par la créativité explosive de la compagnie.
On savoure la liberté d’un spectacle qui ose aborder le chaos du monde avec humour et poésie.
On garde surtout en tête la fougue d’une troupe qui, par son engagement, cherche avant tout à éveiller les regards.
Prisca C.