Célimène et le Cardinal
Vingt ans après leur séparation, le temps a passé mais n'a pas effacé cette histoire d'amour passionnée.
Synopsis
A découvrir au Lucernaire, le huis clos passionnel entre Célimène et le Cardinal, écrit par Jacque Rampal et mis en scène par Frédérique Lazarini.
Alceste et Célimène se sont aimés éperdument. Vingt ans après leur séparation, l’atrabilaire amoureux devenu cardinal se rend chez son ancienne amante, mère de quatre enfants, pour l’avertir qu’un danger la menace.
Mais est-ce la véritable raison de sa venue ? Pourquoi ce prélat au pouvoir considérable n’a-t-il pas attendu le consentement de cette femme mariée avant de lui rendre visite ?
Écrite en alexandrins, la suite du Misanthrope de Molière imaginée par Jacques Rampal est un huis clos passionné où les menaces succèdent aux non-dits.
Jusqu’à ce que la vérité éclate enfin, brûlante…
L'avis de la rédaction
Deux silhouettes se retrouvent après vingt ans.
Deux mémoires s’entrechoquent; Deux orgueils se défient. Dans ce salon rougeoyant, l’amour d’hier devient combat d’aujourd’hui, avec l’élégance d’un classique et l’électricité d’un duel moderne. Les mots brûlent, les regards tranchent et on savoure chaque estocade.
Jacques Rampal imagine une suite brillante au Misanthrope, portée ici par un jeu d’une finesse réjouissante.
Amélie Gonin incarne une Célimène mature, libre, sensuelle, espiègle dont la vivacité éclaire chaque réplique. Tandis que Robert Plagnol offre un cardinal tour à tour rigide, fragile, provoquant et impérieux.
Le texte en alexandrins glisse avec une aisance étonnante, musical, mordant, drôle, très actuel dans sa façon de démasquer l’hypocrisie religieuse et la fierté masculine.
La mise en scène de Frédérique Lazarini, baignée de rouge, installe un huis clos sensuel et politique, où l’espace nu devient chambre d’échos pour les mots, les touchés et les corps. Rien d’inutile. Seulement deux comédiens, deux êtres, deux vies, deux vérités qui s’affrontent.
Les lumières sculptent les tensions, les silences respirent, le désir affleure sous la foi et l’ironie scintille comme une lame polie. C’est vif, acéré, drôle, tendre.
Un spectacle qui rappelle que le théâtre peut être simple, critique, puissant et incandescent.
On ressort ravi d’avoir assisté à un duel d’esprit rempli d'autant d'audace.
On applaudit le texte, la mise en scène, le jeu rare et magnétique de comédiens habités.
Prisca C.